Sous le titre d’aujourd’hui, je voudrais vous soumettre deux questions. L’une concerne le temps que nous dédions au Service Club, l’autre l’argent que nous y consacrons.
La première : combien de temps consacrons-nous à notre Service-Club, combien d’heures passées dans nos réunions avec repas, dans nos réunions sans repas, dans nos activités, dans nos actions et activités. Je ne peux bien entendu pas y répondre tant les situations, les contextes peuvent être différents d’un club à un autre. C’est donc un sujet de réflexion que je vous envoie et dont je ne pourrai débattre avec vous. Les questions intéressantes à se poser seront : quel résultat (quantifiable) pour nos œuvres obtenons-nous pour toutes ces heures ? Est-il enviable ? Est-il « faible » ? Quel est notre rendement ? Quel est notre « taux horaire » ?
Je ne suis pas certain que dans de nombreux Service Clubs on se soit déjà posé ces questions. Pourtant elles sont importantes. Comment savoir si on est performant, comment savoir si on pourrait faire mieux… Il est sans doute vrai que l’on ne s’en soucie pas trop parce que dans la plupart des cas, on ne se fixe pas d’objectifs. Dans la plupart des Service Clubs, on se donne une obligation de moyens (faire des actions, récolter de l’argent, organiser telle activité,…). On ne se donne pas une obligation de résultat (atteindre tel montant, augmenter de 10% par rapport au chiffre de l’année précédente, etc…). Nous savons tous que les besoins de nos œuvres augmentent… Quelles contraintes nous imposons-nous pour répondre à la demande ? Quels outils mettons-nous en place pour mesurer sérieusement et rigoureusement nos résultats ?
La seconde question, de logique similaire, concerne notre budget Service Club. Nous sommes en général assez fiers de proclamer que chez nous, il n’y a pas de frais généraux, que tout l’argent que nous récoltons pour nos œuvres va à nos œuvres. C’est vrai ! Mais c’est vrai au prix de la mise en place de deux caisses : l’une qui concerne effectivement nos œuvres, l’autre qui concerne… tout le reste : les cotisations, les frais de repas, etc… Ici aussi, les situations des clubs locaux sont tellement diverses qu’il est impossible de débattre. Mais cette deuxième caisse peut être importante, très importante. Un ordre de grandeur ? Prenons le seul poste des repas et comptons 50 € par convive (le repas, les vins, l’apéro, un éventuel alcool… l’ordre de grandeur semble correct). Supposons un district de 1500 membres, dont un tiers est absent des réunions, réunions avec repas qui ne se tiendraient qu’une fois par mois. Nous arrivons donc à 12 réunions x 1000 convives x 50 € = 600.000 €. C’est vrai qu’il n’y a pas de frais généraux dans la caisse des œuvres,… mais dans l’autre….
Supposons que chacun des clubs composant le district virtuel de mon exemple supprime une réunion et thésaurise le montant économisé… Cela donnerait 50.000 €. S’il en supprime deux… Cela ferait une belle somme qui pourrait aider une œuvre, ou améliorer une politique du district concerné, ou professionnaliser un service, ou….
C’est vrai que cela peut apparaître démagogique. Après tout, nous avons tous bien le droit d’aller dépenser 50€ pour manger en l’agréable compagnie d’amis. Nous dépensons déjà par ailleurs en plus je ne sais combien en billets de tombola, en places de spectacles, en tickets d’avant-premières, en soupers, en rallye, etc… Donc pourquoi s’embêter avec pareilles considérations ? Peut-être parce qu’il y a là, consciemment ou non pour Monsieur ToutleMonde, quelque élément qui donne du crédit à une certaine mauvaise image qui nous colle à la peau. Chacun pourra faire pour son club un rapide calcul du budget annuel de ses frais de restaurant… et comprendre que pour certains, nous apparaissons plus comme de fins gourmets que comme de généreux donateurs (ce que nous sommes pourtant aussi !).
Combien d’heures passées dans des réunions improductives ? Combien d’argent englouti dans des repas ? J’écrivais plus haut que les Service Clubs n’étaient sans doute pas nombreux à se poser ces questions. Il y en a cependant quand même qui se les sont posées… et qui y ont même répondu. Il suffit de remarquer le nombre de réunions sandwiches (impensables il y a encore 15 ans), de réunions en tournante chez l’un ou l’autre membre, etc… Seul l’avenir dira si ce phénomène contaminera la majorité des clubs. Chaque club a sa « culture », ses préférences, ses façons de voir et d’agir. Mais on ne peut pas à la fois se plaindre de l’image que l’on a… et ne rien faire pour la changer. A chacun d’assumer son choix. Mais ne serait-il de toutes façons pas utile d’en débattre ?
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