S’interroger ???

N’importe quel  membre de base d’un Service Club, même s’il ne fréquente pas les hautes sphères dirigeantes, se rend bien compte d’un malaise. Sur le site internet national de son Service Club, dans les newsletters qu’il reçoit, dans les pages du mensuel qu’il lit… partout, on célèbre les actions menées, on s’y montre fier de tel ou tel succès engrangé, on déborde de louanges sur tel ou tel responsable qui a mené telle opération, on s’auto-encense, on s’auto-célèbre, on s’auto-congratule… Tout est excellent ! Mais à y regarder de plus près, on s’y plaint aussi… des membres nous quittent, on peine à recruter, la presse nous ignore, les médias ne relaient rien de ce que nous faisons… Et pour peu qu’on soit non pas un membre de base, mais un responsable, cela grimpe encore d’un cran : nous sommes en perte de vitesse, il faut impérativement recruter ! Et c’est quasi dans toutes les réunions qu’on en parle.

 Ce qui m’étonne, et cela quel que soit le Service Club concerné, c’est que l’on parle toujours du symptôme, jamais des causes de la maladie. Vous aurez la gentillesse de contester ce qui suit via la rubrique commentaire ouverte à la fin de cet article si ce que je relève ici est faux : il n’y a aucune instance, dans aucun Service Club, qui a pour unique objet de s’interroger sur les causes de nos difficultés de recrutement.

Tout le monde voit bien le symptôme, de nombreuses statistiques sont établies, on comptabilise régulièrement les départs, les démissions, les décès, on suit de très près les nouvelles arrivées,… Et, partant du constat que le bilan entrées/sorties est négatif, on demande à chaque responsable régional, à chaque responsable de club de recruter, de faire des efforts, d’attirer des nouveaux, etc… On soigne le symptôme… Pourquoi ne s’attaque-t-on pas à la maladie, ce qui (probablement) ferait disparaître le symptôme ?

 Car c’est quand même bien d’une maladie qu’il s’agit, peut-être même d’une pandémie ! Tous les Services Clubs sont touchés. Il n’y a donc pas que les petits problèmes locaux ou les aléas de la vie qui expliquent le phénomène généralisé et son ampleur. Pourquoi, alors que la solidarité explose, peinons nous à recruter, nous qui jouons un rôle majeur dans le domaine ? Pourquoi, alors que les réseaux explosent, sommes-nous un réseau moins courtisé ?  Nous l’ignorons. Et nous risquons de l’ignorer encore longtemps parce qu’il n’y a pas grand monde pour se poser la question.

 Soigner le symptôme…. Je relisais dernièrement un éditorial d’un haut responsable d’un Service Club International. Comme solution au problème, il encourageait l’affiliation des membres de la famille. En plus du membre déjà affilié, il préconisait l’intronisation du conjoint, et/ou d’un (grand) enfant. Au risque de paraître politiquement incorrect, je dois avouer que je n’ai pas compris. Car dans les actions que nous menons au niveau des clubs, toutes ces soirées, tous ces concerts, tous ces repas, tous ces rallyes, etc… nous les menons déjà avec le renfort de nos conjoints, de nos enfants, de nos amis…  Les affilier ne nous rendrait donc pas plus efficaces. Cela nous rendrait juste plus nombreux sur papier et plus nombreux à cotiser. Et que ferons-nous lorsque cette réserve là sera épuisée ? On pensera aux cousins ? Une vraie solution est-elle ou n’est-elle pas dans notre plus large ouverture ? Dans notre capacité à comprendre pourquoi nous sommes moins attractifs et à en déduire quoi faire pour le redevenir ?

 Que voulons-nous ?  Faire mieux ? Faire plus ? Ou être plus ? Est-ce que parce que nous serons plus nombreux la presse s’intéressera plus à nous ? Ou est-ce parce que nous ferons plus ou mieux que nous intéresserons les médias ? Est-ce que c’est en raison de nos performances ou de notre nombre que nous donnerons envie à des nouveaux de nous rejoindre ? Est-ce que nous devons nous interroger sur les causes de nos difficultés à recruter ou est-ce inutile et sans intérêt ? Si nous ne le faisons pas, quel autre processus peut nous éclairer pour résoudre le problème ? Si nous le faisons, ne devrions-nous pas ouvrir largement le débat en interne ? N’est-ce pas notre problème à tous ? Avons-nous peur de peut-être devoir changer ? Nous adapter ? Evoluer ?

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