L’élan de solidarité pour Haïti est assez exceptionnel. Il est à lui seul une synthèse de tout ce sur quoi je vous propose de réfléchir depuis le début de ce blog.
D’abord, le fait que la solidarité est aujourd’hui une préoccupation de tout le monde. Vous avez sûrement remarqué que nombre d’entreprises ont fait des dons et/ou se sont mobilisées pour des actions. Les groupes informels, les collègues de bureau, des voisins, des individuels aussi. Beaucoup ont fait des dons, beaucoup ont aussi organisé une manifestation, une vente, un événement pour collecter des fonds. Pour en avoir une petite idée, il suffit d’aller sur le site du consortium 12/12 pour avoir une liste de tous ceux qui déclarent vouloir faire quelque chose. Avant les émissions de télévision du 21 janvier de la VRT/VTM et RTL/RTBF, j’en avais compté une quarantaine. Ils sont plus de 550 aujourd’hui (cliquez ici). Il y a aussi bien entendu les structures étatiques, provinciales, communales et les Service Clubs… mais ils ne sont qu’une goutte dans ce raz de marée.
Les médias aussi ont agi. Dans de nombreux pays (dont chez nous) des programmes spéciaux en prime time ont appelé aux dons. Certains (comme la VRT) ont même fait plus en organisant différentes actions, en plus de l’appel aux dons. Pour vous donner une idée pour ce qui concerne la Belgique : le soir des émissions spéciales, les promesses de dons par téléphone atteignaient 6 millions d’euros et les actions spéciales de la VRT 1 million (en plus donc). Non pas pour comparer, mais juste pour savoir et situer, citons au hasard la Communauté Française de Belgique et la Région Wallonne qui ont donné ensemble 1,2 million €, le Vlaams Regering 300.000 €, la Ville d’Anvers 12.500 €,.. La liste est longue (et on n’en a quasi rien dit dans la presse. En revanche, la presse a relayé plusieurs initiatives individuelles de « performance financière » bien moindre… Ce n’est donc pas le montant qui compte pour la presse). Signalons encore que les 3 opérateurs de téléphonie mobile reversent l’intégralité du coût d’un SMS « oui » (1€) au 4666 et que Het Laatste Nieuws reversera l’intégralité du prix du journal de vendredi.
Ensuite la transparence : le site dont je viens de vous parler est une manière d’authentifier tous ceux qui prétendent collecter des fonds pour Haïti. Dans tous les medias, il a par ailleurs été question de la garantie que les fonds récoltés iraient bien à la cause. Et enfin, les Associations de première ligne, les ONG appelées à intervenir sur le terrain, répondent toutes aux normes de l’AERF.
La redevabilité aussi : sur le même site du consortium 12/12 (cliquez ici), il y a tous les jours des communiqués des différentes Associations sur ce qu’elles ont fait la veille. D’autres Associations envoient des mails pour tenir leurs « sympathisants » au courant (Sos Villages d’enfants, par exemple, cliquez ici).
Le rôle d’internet et des nouveaux médias sociaux : Twitter, FaceBook, Linkedin et autres moins connus jouent un rôle certain non seulement dans la collecte de fonds, mais aussi dans l’information pour les donateurs (cliquez ici pour un exemple). Et même, de façon opérationnelle sur le terrain. Les sites internet qui consacrent tout ou partie de leur espace au sujet sont légions. C’est (même pour la presse) la façon la plus rapide de mettre les infos à jour, de toucher rapidement le plus grand nombre, d’informer, de récolter, etc…
La réactivité aussi : certaines Associations ont réagi dans les 24 heures, certaines entreprises en quelques jours, les « grands medias » en à peine un peu plus…. C’est remarquable !
Le marketing de la solidarité n’est pas en reste : Dans son journal de 20h, France 2 a proposé mardi dernier un sondage à ses téléspectateurs : « allez vous donner pour Haïti ? ». Deux jours plus tard, plusieurs milliers de personnes avaient répondu « non » à 52%. D’autres études expresses ont été menées. En voici une venant de France juste publiée hier (cliquez ici). On y décortique ceux qui comptent donner ou non, le pourcentage d’hommes, de femmes, de cadres, de préférence politique…
Et enfin (parce qu’il faut bien clôturer, mais c’est bien plus vaste que le résumé de ce jour), même les sujets délicats sont abordés et publiquement débattus : est-ce qu’on ne donne pas trop d’argent (vous vous souvenez que pour les victimes du Tsunami cela avait été relativement le cas) ? Est-ce qu’on ne devrait pas rassembler tous les dons sous une seule « coupole » ? (Le consortium 12/12 est un embryon de réponse, mais il a régressé depuis le Tsunami puisque d’autres Grandes Associations collectent séparément. Pourquoi ?).
C’est (je crois) la première fois que tous les thèmes, toutes les nouvelles tendances, tous les nouveaux medias, toutes les nouvelles composantes et forces vives de la solidarité explosent et convergent sur un seul événement.
Est-ce que, à nous membres des Service Clubs, cela inspire une réflexion ?
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