Dans les nouveaux partenaires du « social », il y a aussi les Fondations. C’est un phénomène relativement neuf en Belgique où un cadre légal permet un développement « privé » depuis une loi du 2 mai 2002. Je compte consacrer plusieurs articles à ces Fondations car elles me semblent exemplaires à bien des égards. Il y en a environ 400 recensées au Service Fédéral belge de la Justice (il y en a environ 4000 au Danemark, juste pour comparer avec un autre « petit » pays). Une caractéristique importante des ces asbl est qu’elles ne doivent pas récolter de fonds : elles les ont déjà. Les grandes Fondations ont en effet été créées dans la sphère de grandes sociétés qui les dotent d’un budget annuel confortable. Il n’y a pratiquement plus qu’à …distribuer. Par exemple, la Fondation Proximus (du nom de l’opérateur de téléphonie mobile dont elle émane) annonce un budget annuel de 500.000 €. On pourrait croire que la crise financière et économique qui s’est déclenchée ces derniers mois poserait problème… Apparemment pas ! Fortis Foundation annonce par exemple que son Comité de décembre 2008 a alloué plus de 70.000 € aux projets retenus et que celui de février 2009 a approuvé des aides pour près de 100.000 €.
L’actualité récente a braqué l’attention sur le Groupe Fortis. C’est donc sa Fondation qui commencera ma série sur le sujet. Elle a été créée en 1995 à l’initiative du Comte Lippens pour y rassembler tout l’effort de mécénat du Groupe. Elle a aujourd’hui la forme d’une asbl de Fondation privée. Elle dispose de sa direction propre, de son personnel, de ses moyens propres (une fois la dotation reçue du groupe, la Fondation gère indépendamment ses interventions). Fortis ne communique pas sur le budget mis annuellement à disposition de sa Fondation, mais une information fiable m’indique que le budget annuel d’il y a un an était de l’ordre de 2 millions d’euros. Ses axes prioritaires d’intervention sont les enfants défavorisés, les jeunes en difficultés et la solidarité entre les générations. Bien entendu, un site internet détaille tout cela. Vous pouvez le découvrir en cliquant ici.
Mais il ne s’agit pas que d’interventions financières. Les aides « en nature » existent aussi. Et c’est le personnel du Groupe qui est (volontairement) impliqué. Fortis Foundation Belgium a initié la formule de Solidarity Teambuilding qui permet à un service, un département et/ou une agence Fortis d’inclure une journée de « travail » au bénéfice d’Associations, dans le cadre d’une session Teambuilding. L’objectif de cette activité : renforcer l’esprit d’équipe tout en venant en aide aux plus démunis. Il y a aussi les Solidarity Days. Nombreux sont les collaborateurs de Fortis qui sont désireux de se rendre socialement utiles pendant leur temps libre. Les Solidarity Days sont des activités qui leur permettent de concrétiser cette envie en apportant une aide effective et pratique à des Associations à finalité sociale. Il s’agit d’activités concrètes non spécialisées et effectuées en une journée. En général, ce sont des travaux de rafraîchissement (peinture, jardinage.) mais aussi de tâches parfois plus complexes, ou encore d’encadrement d’activités. Les bénévoles de Fortis apportent leurs compétences et leur temps de travail. Dans certains cas, ils apportent leur propre matériel (une brouette, une pelle,…). Pour être identifiables, ils sont équipés de vêtements de travail, de casquettes, de tee-shirts (aux couleurs de la Fondation), et de matériel pour travailler. Ils sont couverts par l’assurance de la Fondation et reçoivent gratuitement un repas et des boissons. Un calendrier est prévu, organisé. Il faut juste s’inscrire. Pour mars 2009, c’est un peu moins de cinquante bénévoles qui se répartissent le travail auprès plusieurs Associations.
L’action de ces Fondations est remarquable et très profitable aux Associations bénéficiaires. Mais, en organisant cette offre structurée et organisée d’implication individuelle dans des projets sociaux, est-ce que la Fondation Fortis (elle et ses « consœurs ») ne réduit pas toute envie pour un membre de son personnel d’encore aller s’inscrire dans un Service Club pour y faire la même chose ? Ce n’est bien entendu pas un problème pour la (les) Fondation(s). En est-ce un pour les Service Clubs ?
Filed under: Le "Social" a changé, Les "Réseaux" ont changé