La presse d’aujourd’hui, notamment le JT de la RTBF, se fait l’écho de la fermeture d’une quincaillerie à Bruxelles. Une quincaillerie de détail, une caverne d’Ali Baba tapissée d’armoires à petits tiroirs, où on trouvait tout, même l’introuvable pièce « qu’on ne faisait plus ». Peut-être la dernière de Bruxelles… Quelques mots de la patronne indiquent le pourquoi de la fermeture : la concurrence des grandes surfaces, des nouveaux magasins de bricolage, pourtant très différents et ne rendant ni les mêmes services, ni ne disposant de la même variété de stock. La perte du plaisir aussi : les clients toujours pressés, de plus en plus pressés, avec qui « on ne peut même plus parler ». Et puis on devine que ce n’était plus rentable…
Mais que vient faire cette anecdote dans un blog consacré aux Service Clubs ??? J’y arrive. Mais avant, encore deux exemples allant dans le même sens. Un article du « Vif L’Express » (le 2 mai 2008), dans ses pages « société » s’interrogeait sur l’existence menacée des cafés. Car c’est un fait mathématiquement mesurable, les cafés disparaissent petit à petit. Plus dans les campagnes que dans les villes (le village d’Etalle en Gaume en comptait 29 dans les années 70, il n’en reste qu’un aujourd’hui). Les chiffres pour l’ensemble du pays sont impressionnants : ce sont 8000 enseignes qui ont disparu au cours des dix dernières années. Les raisons ? Variées et multiples bien entendu : entre autres, la modification du mode de vie, les changements dans les habitudes, la façon d’utiliser son temps libre, les dépenses que l’on réoriente, les nouvelles concurrences (des cafeterias de musées aux centres commerciaux), etc… Les envies aussi ont changé : Les boissons non alcoolisées représentent désormais plus de la moitié des consommations et la consommation de bière a chuté de 25% sur 20 ans. Ce mouvement inquiète encore plus en Flandre où une campagne « sauvez les cafés populaires » a été lancée. Je ne vais pas m’étendre sur le même phénomène dans le secteur de la boucherie de détail. La tendance est encore plus lourde : à Bruxelles, c’est quasi 90% des boutiques qui ont disparu sur 50 ans. Et les Service Clubs dans tout cela ???
Ce n’est pas sans raison que j’ai choisi d’évoquer une chanson de Jacques Brel pour titrer cet article. Une chanson pleine de nostalgie, sur ce qui était et qui ne serait plus. Au fur et à mesure que je prépare des articles pour ce blog, que je découvre ce qui se fait ailleurs, ce qui change, ce qui évolue, ce qui autour de nous révolutionne nos façons d’agir, de vivre, voire de raisonner, il m’arrive de penser que nous ne sommes sans doute pas à l’abri de ces menaces. Quel que soit le Service Club dont on analyse la situation, lequel ( à l’exception de l’égalité accordée aux femmes) est différent aujourd’hui d’il y a cinquante ans ? Lequel a pris en compte les évolutions dans les vies familiales ? Dans les vies professionnelles ? Lequel a essayé de s’adapter ? Je ne demande même pas lequel a essayé d’anticiper, mais lequel a au moins essayé de suivre ? Est-ce à nous de tenir compte du monde qui change ou est-ce au monde à s’adapter à nous ? Avons-nous trouvé il y a des dizaines d’années la formule immuable qui garantirait notre pérennité ? Est-il ou n’est-il pas temps de lancer un grand débat sur notre « pourquoi » et notre « comment » ? Est-ce que je me fourvoie en me (vous) posant ces questions ? Ces questions sont-elles fondamentales pour nos recrutements, nos performances futures, notre survie ?
Filed under: Le "Monde" a changé