Un court article du Tends Tendances du 19 février dernier (« Vu de Flandre »), relayant une information parue dans De Standaard, a réveillé chez moi une réflexion dont je ne vous ai pas encore fait part. Il y est question d’un entrepreneur, qui après avoir œuvré dans le secteur agricole s’est ensuite tourné vers l’immobilier. En quelques années, son affaire s’est bien développée et occupe aujourd’hui 500 personnes. Il y a une dizaine d’années, il a vendu son groupe en dégageant une appréciable plus value. Depuis, il vit en Suisse. Que fait-il aujourd’hui ? L’article ne le dit pas. Mais ce que l’article précise, c’est qu’il a créé une Fondation, sa Fondation, qui soutient divers projets, surtout dans le tiers monde et dispose pour cela d’environ un million et demi d’euro par an. Cet homme ne communique pas à propos des activités de sa Fondation. Au contraire, il se complaît dans une évidente discrétion. Pas si discret que cela puisque je vous en parle ! Ce n’est volontaire de sa part, c’est un don fait en Belgique qui l’a « trahi », un don de 1.25 million d’euro fait à la KUL pour la recherche contre le cancer.
J’avais déjà relevé ce souci de discrétion chez un autre entrepreneur, d’encore plus grande envergure, Lakshmi Mittal (dans une interview, Trends Tendance du 25 septembre 2008). Ce n’est que du bout des lèvres qu’il acceptait de reconnaître ses actions philanthropiques. Avouant quand même qu’il en discutait souvent en famille, qu’il devait tout au monde et qu’il devait faire encore plus, … Combien ? Il ne le disait pas, préférant répondre que ce n’était pas « combien » qui était important, mais « où » et « comment ».
Dans de nombreux articles précédents, je vous ai détaillé les efforts de communication de nombreuses Associations, ONG ou non. Des trésors d’imagination, des idées neuves, des moyens modernes, des actions innovantes… une vraie effervescence créatrice. Et forcément, cela paie, comme en attestent les résultats financiers qui sont publiés. Rien ou presque du côté des Service Clubs !
Mais ce n’est pas si simple. Ces grandes Associations, ces ONG internationales, sont des groupes qui ont un but précis, qui agissent directement sur le terrain, dont les équipes propres concrétisent, exécutent, réalisent…. Elles sont en prise directe, au front, les « mains dans le cambouis »… Il est normal qu’elles communiquent, qu’elles veuillent récolter le maximum de moyens possibles pour atteindre leurs objectifs. Ces Associations sont des « bénéficiaires ». Ce n’est pas comme cela que les Service Clubs sont perçus ! Les Service Clubs ne sont pas des bénéficiaires, ce sont des donateurs… . Et il ne leur est donc pas facile de communiquer… c’est un domaine (la philanthropie en général) où on apprécie plutôt une certaine discrétion. C’est en fait le principe même des Service Clubs, intermédiaires entre la récolte de fonds et leur redistribution, qui est (devenu) l’obstacle majeur à la communication sur les Service Clubs. Coincés entre le souci de faire rentrer des fonds (et donc l’impérieuse nécessité de communiquer) et les objectifs de redistribution (et donc le respect d’une norme non écrite, mais réelle, de discrétion), les Service Clubs ne sont-ils pas face à une contradiction difficile (impossible ?) à contourner ?
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