Dans la grosse vingtaine d’articles qui précèdent celui de ce jour, j’ai essayé de « ratisser large » en vous présentant des initiatives nouvelles, des nouveaux acteurs, des nouveaux partenaires dans le secteur social, ou plus largement dans celui de la philanthropie. Certains articles étaient consacrés à des exemples internationaux de haut vol, d’autres à des petits exemples locaux très concrets… Le sujet d’aujourd’hui vous emmène à Londres (et à New York), siège(s) de l’Institut pour la Philanthropie, étonnante Association sans but lucratif créée en 2000. Etonnante par le public auquel elle s’adresse : les personnes disposant (sans aucun complexe) d’un certain niveau de fortune. Etonnant aussi pas ses sponsors qui la financent (une quarantaine de « grosses » institutions, de la Fondation Rockfeller au Crédit Suisse, de la Royal Bank of Canada à une série de fondations publiques ou privées). Etonnante aussi par sa fondatrice, une associée d’un important cabinet d’avocats londoniens, par ailleurs ancienne Présidente de la Fondation du Prince de Galles.
Que fait cette Association ? Elle veut éduquer et conseiller les donateurs, construire des réseaux philanthropiques en UK et dans le monde et augmenter la conscientisation à la philanthropie. Comment ? Par différents moyens. Parmi les principaux, les « Philanthropy workshops », sorte de séminaires visant à donner des compétences pour savoir comment et à qui donner. Ces ateliers s’adressent à ceux qui ont hérité, qui arrêtent de travailler et ont revendu leur entreprise, ou ceux qui veulent lancer leur propre structure de distribution de fonds. Il y au aussi les « Youth and Philanthropy intitiatives » dont le programme est actuellement proposé à une quarantaine d’écoles et qui vise les 150 dans les trois ans qui viennent. Le but est de former les futurs leaders à la philanthropie par des cas pratiques, leur donner des compétences en la matière pour « faire la différence demain ». Il y aussi un programme « next generation » qui vise à donner des outils de compréhension et d’action aux jeunes héritiers de la tranche 18/30 ans. Le « seul programme de ce type au monde » se vante l’Association.
Cet Institute for Philanthropy semble extrêmement actif et excellemment organisé. Je ne vous ai brossé ici que les grandes lignes de son fonctionnement. Mais leur site (en anglais uniquement) est beaucoup plus complet et vous explique son histoire, les motivations de la fondatrice, tous les programmes en détails, ses publications, qui finance, etc.. etc.. Je ne peux que vous conseiller d’aller le consulter ( www.instituteforphilanthropy.org ).
Et les Service Clubs dans tout cela ? Bizarrement absents, alors qu’ils sont pourtant nombreux dans le pays, et que certaines motivations et certains aspects des programmes de l’IFP recoupent assez bien les leurs. Mais j’ai déjà relevé cela dans d’autres précédents articles. Ce qui semble ici plus pertinent à remarquer c’est la double cible : les « riches » et les « jeunes ». Preuve que ce domaine du “social”, de la philanthropie, est en (r)évolution dans toutes les couches de la population. Preuve aussi de la recherche d’une certaine rentabilité en visant ceux qui peuvent se permettre des dons d’une certaine ampleur. Preuve qu’il s’agit d’un « marché » qui s’installe sur la durée en s’attachant à sensibiliser et à former les jeunes, la relève de demain. A remarquer aussi que cette réflexion et ces actions sont partagées par de nombreuses fondations et sociétés (ici surtout de grandes banques), qui incluent leur soutien dans un plan stratégique, pensé, pesé, réfléchi… On peut approuver ou désapprouver la philosophie de cet Institut, mais on ne peut pas dire que son équipe de direction n’a pas réfléchi au sujet, qu’elle ne l’a pas mis en perspective, qu’elle n’a pas pesé ses choix, et qu’elle n’a pas mis en place une stratégie pour atteindre ses objectifs. Ce n’est évidemment possible qu’en disposant d’une équipe permanente et de moyens. Les Service Clubs ne sont-ils donc pas d’office « hors jeu » ? Car dans quel Service Club (de niveau national pour comparer des choses comparables) réfléchit-on à ce point aux besoins et aux moyens d’y faire face ? Dans quel Service Club discute-on de stratégie, de positionnement ou d’objectifs concrets ? Dans quel Service Club une équipe reste-elle assez longtemps en place que pour analyser les situations, se situer par rapport à celles-ci, proposer des réponses et organiser leur mise en place ?
Filed under: Le "Social" a changé