J’ai déjà eu l’occasion de vous détailler l’une ou l’autre action menée par ce que j’appelle « les nouveaux partenaires du social ». D’autres exemples aujourd’hui dans le secteur de la distribution.
Vous connaissez peut-être les actions « vieux machins » contre « bon de réduction » + « aide à une Association ». Citons en quelques unes en vrac, au hasard : JBC, chaîne de magasins de vêtements, offrait en mars 2008, 10 % de réduction sur toute sa collection, y ajoutait une aide à Make a Wish, juste en échange de vieux vêtements rapportés aux magasins. Shoe Discount, chaîne de discount dans le domaine de la chaussure proposait en avril 2008 de récupérer, pour Oxfam, vos anciennes chaussures encore utilisables et vous offrait un bon d’achat de 10 € pour vous remercier. Brico vous a proposé en été 2007 de récupérer vos vieux outils contre un bon de réduction de 10 € et s’engageait à reverser 0.25 € par outil récupéré aux Iles de Paix. Côte d’Or et Makro se sont associés l’an dernier dans une campagne « 3 produits achetés = une réduction de 2.5 € pour l’acheteur + 1 € pour l’Association les CliniClowns ». Brantano (encore la chaussure) récupère chaque année vos vieilles paires (même les très très abîmées) contre un bon de réduction de 12.50 € et une aide proportionnelle à la Fédération Belge contre le Cancer. Brico et Whiskas/Pedigree Pal se sont engagés fin 2007 dans une action « 10 € achetés = un repas offert aux animaux abandonnés » en collaboration avec la Croix bleue de Belgique… J’en passe.
Toutes ces actions sont remarquables par plusieurs aspects. D’abord elles sont initiées par d’importantes sociétés qui disposent d’équipes de professionnels pour les organiser et communiquer à leur propos. Ensuite parce qu’elles sont organisées le plus souvent au niveau du pays tout entier, soit un effet de masse très appréciable. Aussi parce qu’elles font l’objet d’une communication multiple et variée (des folders, des espaces de publicité achetés dans les magazines et la presse, des affiches dans le réseau, un message dans leur newsletter, etc..etc..). Encore parce qu’elles se réalisent concrètement grâce à la logistique, aux moyens techniques, les transports, etc… de ces sociétés. En résumé : de l’idée, de la concrétisation professionnelle, de la communication,… de l’efficacité.
Mais, cerise sur le gâteau, il y a encore une autre caractéristique remarquable : cela ne coûte rien au « donateur », ou cela ne lui coûte que ce qu’il aurait de toutes façons dépensé. Dans certains cas même, non seulement cela ne lui coûte rien mais cela lui rapporte (les bon de réductions, les chèques achats, etc…). On pourra peut-être objecter que ce n’est pas de la vraie philanthropie, que ces sociétés incluent ces actions dans leurs stratégies de marketing et qu’elles s’y retrouvent financièrement elles aussi. Peut-être ! On pourrait répondre que puisque cela n’a rien coûté, il reste chez chacun du budget disponible pour donner encore à d’autres. Pour les Associations bénéficiaires ces « critiques » n’ont aucun poids, elles voient le résultat. Et peu leur importe que ces grosses sociétés y gagnent (éventuellement), puisqu’elles en profitent largement. Quant à Monsieur et Madame Toulemonde, ils y voient une action sympathique à laquelle ils adhèrent avec plaisir. Ces mêmes Monsieur et Madame Toutlemonde, éventuellement concernés et motivés par la solidarité, l’aide sociale, le soutien aux démunis, défavorisés, etc… ne se disent-ils finalement pas qu’ils ont déjà tant d’opportunités d’être utiles et/ou généreux qu’il n’est plus nécessaire pour eux d’entrer dans un Service Club ?
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