Vivre ou laisser mourir

« Barack Obama a gagné les élections présidentielles américaines grâce, notamment, aux outils sociaux sur l’internet ». Cette introduction d’un article de Jean-Yves Huwart dans le Trends Tendances du 20 novembre dernier corrobore le titre d’un séminaire de réflexion sur les nouveaux réseaux organisé à Charleroi en janvier dernier « Comment Obama a gagné les élections grâce à internet ». Tous les experts attentifs semblent s’accorder pour dire que l’internet a joué un rôle décisif dans l’élection, a permis de lever d’énormes fonds et d’échanger des milliers d’idées neuves. Des milliers d’internautes ont alimenté le parti démocrate avec des cas vécus, des suggestions, des propositions. Des milliers de blogs ont relayé, commenté, souligné les propos du candidat. De nombreux fonds ont aussi été collectés via le Web, souvent d’ailleurs de petits dons de moins de 100 USD. Et Obama n’a pas encore consommé tous les avantages de la situation : toutes les adresses mails récoltées lui permettront, en cours de mandat, de dialoguer directement avec ces milliers de personnes, de faire passer ses idées, ses réformes,… en dépendant (en plus) un peu moins de la presse. Peu importe que tout ceci soit républicain ou démocrate (ce blog n’a aucun parti pris politique),  c’est le phénomène de société qui fait réfléchir.

« Que faut retenir de ce constat ? » se demande le journaliste. « Que ce qu’a réussi Obama est à la portée de n’importe quelle entreprise ». On pourrait ajouter : de n’importe quel groupe (un Service Club aussi). Et le journaliste de mettre en parallèle les thèses et conclusions de Charles Leadbeater ( www.charlesleadbeater.net ) dans «  We think, Mass innovation, not mass production » (Profile Books, 290 pages). « Les nouveaux codes de Web changent la relation des entreprises avec leur clients. Le Web participatif peut s’avérer un puissant soutien à l’innovation, car les nouveaux outils sociaux en ligne (wiki, blogs, réseaux sociaux,..) multiplient les possibilités. Nokia recourt à un million de développeurs éparpillés sur la planète, qui ont tous accès à la plateforme de l’entreprise pour améliorer les applications. Lego Factory est un site qui demande aux clients et aux sympathisants de proposer, de  créer de nouveaux jouets. Une autre société coordonne via le web la conception d’une voiture écologique, son site étant largement ouvert à tout qui veut collaborer ».

Tout ceci est déclinable, adaptable, modulable, utilisable par nos Service Clubs. A des degrés divers, tant au niveau du club de base que de l’international…. Le “cas” Obama n’est qu’un exemple que nous fournit l’actualité, il y en a des milliers d’autres (y compris de nombreuses Associations caritatives ou humanitaires comme je l’ai déjà montré dans des articles précédents). Quand on est comme moi depuis des années dans cette sphère des Service Clubs, on ne peut s’empêcher d’admirer le formidable dynamisme et l’extraordinaire ouverture que révèlent ces tendances nouvelles… et de se demander pourquoi nous en sommes si absents.

A une question du journaliste que je résumerai par « les chefs d’entreprises admettent ce changement en cours, mais disent aussi que ce n’est pas de leur âge », l’auteur britannique répond : « On ne peut pas attendre…Il n’a pas fallu 5 ans pour voir les magazines pour jeunes disparaître du paysage médiatique traditionnel aux USA. Aux USA aussi, internet a mis en pièces le marché des petites annonces qui était la principale source de revenus de la presse régionale. (….) Pour la vapeur, le téléphone, la voiture, il a fallu 50, 60 ans pour voir leur plein effet. Dans le grand public, internet a dix ans à peine. Réfléchissez à tout ce que le Web a déjà changé en ce petit laps de temps. Et interrogez-vous sur les bouleversements encore à venir… ».

Nous ne sommes « que » des Service Clubs, pas des entreprises. Mais ne devrions-nous pas nous aussi nous adapter à notre époque, aux nouveaux comportements, aux nouveaux enjeux ? Internet n’est pas tout, loin de là, ce n’est qu’un exemple de ce qui bouge autour de nous. Avons-nous bien mesuré tout cela ? Est-ce délibérément que nous en sommes déconnectés ? En discutons-nous ? Et les jeunes que nous voulons recruter et qui sont notre relève, comment nous voient-ils et qu’en pensent-ils ?

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