Les Iles de Paix sont une organisation bien connue. Sa notoriété vient de différents facteurs. Celui de son fondateur, le Père Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix en 1958, celui de ses activités que la presse relaie régulièrement (y compris dans les journaux télévisés, ce qui donne une visibilité maximale), celui de sa campagne annuelle chaque année en janvier.
Si vous ne la connaissez pas bien, vous pouvez consulter son site ( www.ilesdepaix.org), très simple mais bien fait. Vous y trouverez non seulement le détail des projets, le formulaire d’appel à bénévoles pour sa campagne de vente de « modules » (cette page fait hélas toujours référence à la campagne passée…), les chiffres résultats des récoltes de fonds des dix dernières années présentés par province, et les rapports financiers des dernières années. La campagne annuelle de janvier est la seule opération de collecte publique de fonds. Pas d’envois de masse de mailings personnalisés, pas de communication GSM surtaxée, pas de buzz sur internet… rien de ce dont j’ai pu vous entretenir dans quelques articles précédents. Rien d’autre que la bonne vieille méthode du bénévole vendant des « modules » à ses amis, ses voisins, aux clients du supermarché du coin, etc… Seule entorse à cette formule : la vente dans les écoles via la collaboration d’enseignants relais.
Il s’agit d’une formule très similaire aux actions de nombreux Service Clubs. Et c’est en cela que c’est interpellant. Comment, sur une période de trois jours, en janvier, chaque année, cette Association arrive-t-elle à mobiliser des milliers de bénévoles ? D’où sortent-ils ?
Ne trouvant pas réponse à cette question dans toute la documentation disponible, j’ai donc questionné un responsable. En fait, tout part d’un coordonnateur (idéalement) dans chaque commune. C’est souvent un ancien, un sympathisant… qui reste en place pour plusieurs années, mais n’est tenu à rien. S’il n’est pas libre, s’il déménage, c’est soit lui qui se trouve un remplaçant, soit l’organisation qui prend des contacts dans la commune pour le remplacer (via les groupements de jeunes, les clubs sportifs ou culturels, les paroisses, etc…). Et c’est ce coordonnateur qui, chaque année, via ses propres contacts, ses relations, compose l’équipe nécessaire (suivant le nombre de lieux à couvrir, les tranches horaires possibles, etc…).
Et chaque année, on remet cela, pas forcément avec les mêmes. Ces bénévoles ne s’engagent à rien d’autre qu’à assumer leur rôle de vendeur le jour dit, à l’heure dite. Point. Pas d’affiliation, pas de réunion de comité tout au long de l’année, pas de cotisation, pas d’engagement… Rien d’autre sans doute que (quand même) de la sympathie pour la « cause ».
Voilà donc une organisation qui repose uniquement sur la bonne volonté de personnes qui ne font partie d’aucun groupe permanent, qui ne se connaissent pas forcément d’une commune à l’autre, à qui on ne demande rien d’autre qu’un peu de temps, une seule fois (évidement plusieurs fois, d’une année à l’autre s’ils sont d’accord).
Tout confondu (c’est-à-dire les bénévoles et les enseignants), le nombre de personnes impliquées dans la campagne de janvier 2008 a été de l’ordre de 40.000. Toujours pour la campagne 2008, le résultat total de la récolte de fonds a été de (j’arrondis) 986.000 €.
Malgré que les Service Clubs disposent de membres permanents, qu’il est possible de motiver tout au long d’une année, qu’ils ont de l’expérience et de l’enthousiasme, et en principe une bonne organisation, existe-t-il une opération menée par eux qui mobilise autant de bénévoles sur un (long) weekend ? Existe-t-il une opération menée par eux qui collecte autant de fonds dans le même délai ? Les méthodes et résultats d’autres Associations peuvent-ils être inspirants pour les Service Clubs ?
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