Dans la vingtaine d’articles que je vous ai déjà soumis depuis l’ouverture du blog, beaucoup font référence à l’internet et aux nouveaux media. Il est vrai que l’internet est devenu un moyen puissant de communication : n’importe qui, n’importe où peut trouver n’importe quoi en deux ou trois clics sur son PC. Le site internet est devenu une vitrine, un showroom, un lieu de débat, un forum, une carte de visite, un magasin, une bibliothèque.. j’en passe. Vous aurez d’ailleurs déjà remarqué comme moi que les véhicules de certaines entreprises n’affichent plus leur adresse physique mais quasi uniquement leur adresse électronique.
L’informatique a révolutionné nos vies professionnelles et privées. Celui qui aujourd’hui ne peut jongler avec les logiciels bureautiques de base, avec les courriels, avec l’internet et au moins quelques sites incontournables (FaceBook, YouTube, etc..), est un nouvel handicapé social, presqu’un nouvel analphabète.
Ces révolutions créent une situation inédite dans le monde de l’éducation . En effet, les jeunes de vingt ans (et moins) d’aujourd’hui sont ce que Marc Prensky (1) appelle des « natifs du numériques », c’est-à-dire des personnes qui n’ont jamais connu un monde sans l’internet et sans les nouvelles technologies. Ses constats sont simples : « le basculement du monde de l’analogique à un monde numérique ira en s’accélérant. Les jeunes n’auront de cesse d’embrasser ces nouvelles technologies au point que ces natifs du numérique seront à la fois apprenants et enseignants. Mais ne le sont-ils pas déjà? Et comment faire pour que les enseignants puissent eux aussi assimiler ces changements dans cet univers en rupture? ».
Dans un essai publié en ligne en 2001 (il y a donc déjà 8 ans, « Digital Natives, Digital Immigrants ») il constatait à quel point les élèves d’aujourd’hui différaient de leurs enseignants. Selon lui, «ces jeunes sont de la toute première génération à avoir grandi avec les outils numériques. Depuis leur naissance, ils se sont appropriés et ont maîtrisé ces “instruments” que sont les ordinateurs, les jeux vidéo, les baladeurs numériques, les caméras vidéo et les appareils photo numériques. Ils sont de cette génération qui n’a pas connu un monde sans Internet, et surtout, sans Web. Tous ces outils font dorénavant partie de leur vie. Et cela a comme impact qu’aujourd’hui, ces natifs du numérique pensent et assimilent l’information d’une tout autre façon que nous, simples immigrants du monde numérique». Pour ces « natifs du numérique », les passeurs de connaissances que sont les enseignants parlent un langage préhistorique et ont un mode de raisonnement différent qui n’ont plus rien à voir avec eux.
Je devine certaines réactions : c’est très exagéré, ce Prensky est américain pas nous, c’est très différent chez nous, l’internet n’est pas tout, etc..etc.. C’est sans doute vrai ! Et pour apporter quelques arguments allant dans le même sens, je relèverai ce que disait un directeur de la communication d’Amnesty International à propos de son opération via GSM ( voir article du 3 février ) : « même s’il y a à ce jour presqu’un millier d’abonnés, ce ne sont pas les euros récoltés à l’émission et la réception qui nous financeront complètement. Le « face to face » reste important. Ce n’est pas le marketing viral qui fera que des bénévoles vendront des bougies à l’entrée des magasins ! ».
Comme souvent, la juste mesure sera quelque part entre les deux conceptions, les anciennes et les modernes. Mais elle n’arrêtera pas de se déplacer, plus vers les modernes que vers les anciennes.
Ramenées aux préoccupations de nos Service Clubs, les réflexions ci-dessus peuvent être dérangeantes. Ces jeunes « natifs du numérique » sont notre réservoir de candidats, notre relève. Avec combien d’ “anciens” membres, ces “ nouveaux” vont-ils pouvoir converser du dernier buzz, de leur CV online, de Second Life, conseiller le fil RSS d’un site, recommander un blog, ou s’amuser d’un groupe sur FaceBook ? Comment convaincre et susciter l’adhésion de ces « nouveaux » à un groupe qui leur apparaît peut-être composé de dinosaures ? Il s’agit d’enjeux vitaux pour les Service Clubs. Y pensent-ils ? En discutent-ils assez ?
http://www.ledevoir.com/2009/01/05/225781.html site du journal canadien Le Devoir d’où j’ai extrait les citations ci-dessus
.(1) www.marcprensky.com
Filed under: Le "Monde" a changé
La parole à elle seule, aussi puissante soit-elle, est effacée de la mémoire – pour autant qu’elle y entre ! – bien plus rapidement, si elle n’est pas renforcée, par l’intonation, le geste adapté et bien plus encore l’image photographiée.
Ce sont les registres que l’internet apporte aux nouvelles générations. Ceux, Lions ou autres , quadragénaires et plus, qui ne sont pas nés “dedans” ont cependant la capacité – qu’ils ignorent souvent (par paresse?) – de rapidement s’approprier cet outil modernes de communication.
Il ne faut un peu de courage, pas plus, pour que le pensionné, prépensionnée ou jeune quadra s’ouvre aux techniques modernes de la communication par l’internet.
Il faut ce minimum de désir de découverte et de créativité pour franchir le pas de la préhistoire “internet” vers le monde d’aujourd’hui , celui qui dessinera inéluctablement le futur proche.
Ainsi notre association internationale des Lions Clubs qui s’adresse déjà à la génération née “dedans” et à tous ceux qui “en veulent” par You Tube, My Space et par différents groupes Lions se retrouve désormais sur Facebook. Elle y présente maintenant son organisation ionternationale.
Appelez http://www.facebook.com/pages/Lions-Clubs-International/27922222491.
Bien que la présence est pour le moment en anglais … l’image transcende les barrières linguistiques.
Nous ne mourerons ni analphabètes, ni comme les dinosaures.