Après les quelques considérations internationales des deux derniers articles, revenons – avec les mêmes préoccupations – au niveau local. Je lisais, pas plus tard que ce dernier weekend, dans « Passe Partout » (journal de type « toutes-boites », édition de Namur du 28 janvier 2009) un article d’environ un quart de page avec photo, intitulé « Succès confirmé pour l’opération Pralinettes de Namur ». L’article s’attarde essentiellement sur les résultats chiffrés. En deux mots : « Les Coteaux Mosans », une asbl s’occupant du Service Résidentiel pour Adultes polyhandicapés organise elle-même, apparemment sans l’aide d’aucun Service Club, des opérations de récolte de fonds. Grâce au partenariat d’une association sœur plus importante (Les Amis de Perce-Neige, asbl), les dons bénéficient de la déduction fiscale. De plus, en décembre dernier, ils organisaient une soirée spectacle au théâtre de Namur, et une action de vente de pralines (la cinquième déjà). Ce sont des bénévoles qui mènent toutes ces opérations, qui reçoivent par ailleurs le soutien de certains media (Passe-Partout, Radio Nostalgie, etc…). Ces deux actions sont vraiment strictement comparables à celles qu’organisent toutes les semaines nombre de Service Clubs à l’échelle locale.
Transparence, redevabilité… Le site de l’Association (www.lescoteauxmosans.be ) n’a pas encore été mis à jour avec le résultat de ces actions, mais ceux-ci ont quand même déjà été communiqués à la presse : malgré les inquiétudes sur les effets de la crise économique actuelle sur les opérations philanthropiques, 12.000 tubes de pralines ont été vendus. Ils étaient proposés à 5 €/pièce. Le bénéfice net est de 33.000 €. La soirée au théâtre a laissé un bénéfice 12.000 €. C’est donc un total de 45.000 € (récoltés sur le mois de décembre) qui servira au remboursement du prêt contracté pour la construction de la deuxième aile de leur bâtiment d’hébergement.
Combien de Service Clubs sont-ils aussi transparents ? Combien communiquent aussi rapidement les résultats de leurs actions ? Encore une fois, je le répète, ils n’ont pourtant rien à cacher et ne sont suspects de rien du tout ! Alors pourquoi ? Cette actualité découverte au gré des hasards d’une lecture m’offre en plus l’occasion d’une récapitulation de certaines questions que je (me) posais dans différents articles précédents (ou du moins de l’esprit de ces questions). Le cas de cette Association est en effet une espèce de synthèse à elle seule : Pourquoi aucun Service Club ne vient-il la renforcer ? Pourquoi ne trouve-t-elle pas d’avantages à agir en collaboration avec un Service Club au point d’agir elle-même, seule et en direct ? Pourquoi un donateur passerait-il par un Service Club pour la soutenir alors qu’en agissant directement il pourrait obtenir une déduction fiscale ? Alors que cette Association démontre qu’à petite échelle aussi, les principes de transparence et de redevabilité sont applicables, pourquoi les Services Clubs ont-ils tant de difficultés à s’y mettre ? Ce type d’actions, leurs initiateurs, leurs méthodes et les résultats obtenus sont-ils des éléments pertinents pour un questionnement des Service Clubs sur leur efficacité et sur l’envie qu’ils donnent de les rejoindre ?
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