Professionnalisation et Bénévolat (2)

Les  plus attentifs parmi vous auront remarqué que je n’ai pas intitulé les deux plus récents articles « Professionnalisation OU Bénévolat ». Les deux ne me semblent en effet pas contradictoires, d’où l’utilisation du « ET ».

De la même façon, professionnalisation ne signifie par forcément rémunération. On peut être professionnel, agir en professionnel et ce…comme bénévole. Il est évident que pour développer des actions d’envergure, pour gérer ou pour communiquer à un certain niveau d’efficacité, cela n’est pas (plus ?) possible quand on ne dispose qu’occasionnellement d’un peu de temps libre. Non seulement les deux catégories de personnes ne sont pas contradictoires, mais elles peuvent parfaitement être complémentaires. Ainsi, si on peut supposer que la conception, l’organisation, et le suivi d’opérations très spéciales de récoltes de fonds soient le fait de professionnels, il semble évident que la réalisation pratique, la présence massive sur le terrain, le dernier maillon (celui qui sera le plus proche du donateur) sera le fait de bénévoles. Les premiers seront plutôt des permanents, les seconds plutôt des occasionnels.

Mais à ce niveau là aussi, les choses ont changé. La loi encadre dorénavant le recours à des bénévoles (à des volontaires), fixe certaines conditions, impose la couverture d’une assurance,… et il devient par exemple de plus en fréquent qu’un défraiement soit prévu ne fut-ce par exemple que pour rembourser des frais de déplacements ou de repas. C’était par exemple explicitement prévu sur le site d’Oxfam lorsque cette Association recrutait en décembre dernier, des vendeurs “bénévoles” de truffes pour les trains et les gares. Un défraiement (dont le montant n’était pas publié) était proposé. Faut-il regretter cette intrusion larvée de l’argent dans le maillon le plus élémentaire du bénévolat  ou faut-il plutôt considérer qu’il vaut mieux ainsi élargir le champ de recrutement des bénévoles  en s’ouvrant aussi à ceux qui ne sont pas assez nantis que pour offrir aussi leur frais de déplacement s?

 Professionnel, c’est aussi un état d’esprit. Ainsi par exemple Plan Belgique recrutait fin 2008 un « Responsable du Service Donateurs » et la description du job en disait long sur l’esprit de cette Association (que je ne connais pas autrement que par ce qu’elle publie). « Vous assurerez la  coordination de la communication avec les donateurs et les informerez de résultats réalisés grâce à leur soutien. Vous serez responsable du traitement des données relatives aux donateurs et procéderez à l’analyse des résultats de façon à accroitre l’impact et l’efficacité de nos actions de collecte de fonds ». Bien sur c’est un job  qui sent le marketing. Il faut améliorer les résultats (qui pourrait leur reprocher ?). Mais c’est aussi un job de contact, de suivi avec les donateurs envers qui l’Association estime avoir des comptes à rendre. Pour une efficacité évidente, c’est un « pro » que l’Association veut recruter et elle y met les moyens : un salaire conforme au secteur, une assurance groupe, les frais de déplacements, les chèques repas, un treizième mois, etc… Mais cela ne change rien à l’esprit de la fonction et aux motivations de l’Association. Cela ne fait même peut-être qu’améliorer sa crédibilité.

Les Service Club sont, dans leur organisation et dans leur « philosophie », assez loin de ces pratiques. Mais ne pourraient-ils pas mieux combiner  une certaine forme de «professionnalisme » avec leur bénévolat ?  Devraient-ils au moins se poser la question ?

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