Je terminerai cette semaine par une dernière série d’informations concernant l’enquête de Test Achats et dont je vous ai déjà entretenu les deux jours précédents.
Cette enquête publie un tableau dans lequel on trouve des informations chiffrées intéressantes. Par exemple, le pourcentage des recettes (subsides, legs, ventes…), la répartition des dépenses (entre les missions premières de chaque Association et les frais d’administration par exemple), et aussi le coût de certaines récoltes de fonds. Difficile de sortir ces chiffres de leur contexte, impossible de les citer tous. Retenons qu’on relève de nombreuses disparités (l’Unicef dépend pour 94% des recettes privées et pour 5% seulement des subsides publics, pour Oxfam c’est à peu près 50/50, pour Handicap International c’est 31% (privé) contre 66% (public) pour n’en citer que quelques uns et mettre en évidence de grosses différences).
On remarque aussi par exemple que le Télévie ne publie que le résultat total de ses recettes sans aucune autre information. Test Achats dit explicitement ne rien soupçonner mais regrette ce manque de transparence que pourrait pourtant fournir sans problème ses organisateurs. Au contraire d’ATD Quart Monde qui reçoit sur ce point un satisfecit. Les frais de gestion eux aussi sont mis en évidence (38% pour les banques alimentaires, 20% pour 11.11.11., tous les autres oscillant autour des 10 à 12% en moyenne, et 0% pour Les Petits Riens). Enfin, les coûts des récoltes de fonds sont également cités (du moins pour certaines Associations, car il semble que ces données ne soient pas disponibles pour toutes). Et ici aussi les écarts sont remarquables. Les plus « dépensiers » sont l’Unicef ou Médecins Sans Frontières avec 3,5 millions € (en moyenne), la plus économe est Enfance et Tiers Monde avec moins de 25.000 €. Les moins « dépensiers » seront fiers de s’en sortir en dépensant si peu, les plus « dépensiers » diront peut-être qu’il s’agit d’un investissement rentable…Ils auront sans doute raison tous les deux.
De plus en plus, des chiffres comme ceux-là seront connus, contrôles, publiés… de plus en plus le grand public saura qui consacre le plus gros pourcentage de ses recettes à ses objectifs premiers, qui dépense trop en administration, qui gère bien, qui gère moins bien, quels résultats sont obtenus, etc…avec la probable conséquence que l’on sera tenté de récompenser les « bons » (en donnant plus) et de sanctionner les « moins bons » (en donnant moins)… Ce qui n’aura rien à voir avec les mérites de la cause, mais avec les mérites de leurs gestionnaires. Pour éviter cela, la solution sera sans doute que tous se professionnalisent, pour bénéficier des mêmes compétences, niveler les gestions vers le haut, réduire les écarts et finalement évacuer ce critère de jugement.
Mais ces chiffres, qui nous amènent à évoquer une certaine professionnalisation, sont-ils le seul critère dont on doive se soucier ? Cette professionnalisation, à laquelle aucun Service Club n’a quasi cédé à ce jour, est-elle un bien ? Un mal ? Une évolution ? Un mal nécessaire ? Un levier pour faire plus et mieux ?
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